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Santé

Chenilles processionnaires : protéger son chien

Mis à jour le 23 octobre 2026 · 5 min de lecture

Une file de petites chenilles poilues qui traverse le chemin, ton chien qui s'approche pour renifler… et la balade peut virer à l'urgence. Les chenilles processionnaires sont l'un des dangers les plus sérieux pour les chiens en promenade : d'après l'ANSES, les chiens représentent 92 % des cas d'exposition animale déclarés. Bonne nouvelle : en connaissant la saison, les signes et les bons réflexes, tu peux réduire fortement le risque.

Deux espèces, deux saisons

La processionnaire du pin

C'est elle qui est en cause dans la grande majorité des cas chez l'animal. Elle vit sur les pins (pin noir, sylvestre, maritime, d'Alep…) et parfois sur les cèdres. Ses chenilles sont brun orangé et mesurent jusqu'à 4 cm. On la repère surtout à ses nids de soie blanche, à l'aspect de « barbe à papa », accrochés à l'extrémité des branches bien exposées au soleil. Le nid d'hiver se forme à partir d'octobre.

Le moment le plus dangereux est celui des processions : les chenilles quittent l'arbre en file indienne pour s'enterrer dans le sol. C'est le plus souvent en février-mars, mais selon le climat local cela peut commencer en janvier, voire en décembre si l'hiver est doux, et durer jusqu'en mai-juin. L'ANSES retient une période principale de janvier à mai, et aussi d'octobre à décembre dans les régions océaniques. Les centres antipoison vétérinaires observent des cas chez le chien d'octobre à mai.

La processionnaire du chêne

Gris argenté, elle vit exclusivement sur les chênes, avec des nids plaqués contre le tronc ou les grosses branches. Elle est urticante surtout d'avril à juillet. Elle est surtout présente dans le nord-est, la région parisienne et le nord-ouest, et ne descend pas au sol en procession comme celle du pin.

EspèceArbresPériode à risqueIndice visible
Processionnaire du pinPins, parfois cèdresJanvier à mai (dès octobre en zone océanique)Nids blancs en bout de branches, files au sol
Processionnaire du chêneChênesAvril à juilletNids plaqués contre le tronc

Pourquoi c'est si dangereux pour ton chien

Ces chenilles portent des poils urticants (des soies) qui se détachent dès qu'elles se sentent menacées. En pénétrant dans la peau ou les muqueuses, ils libèrent un venin. Pas besoin de toucher une chenille : le vent transporte ces soies, et elles gardent leur pouvoir irritant pendant plusieurs années dans les nids vides et les sites d'enfouissement.

Chez le chien, les lésions touchent surtout la bouche, parce qu'il lèche ou prend les chenilles en gueule. Les jeunes chiens, très explorateurs, sont particulièrement exposés, et un nid tombé au sol est aussi un danger. La complication majeure est la nécrose de la langue : une partie peut tomber, et dans les cas graves le vétérinaire doit en retirer un morceau. Les pattes, les yeux et le système digestif peuvent aussi être atteints.

Les signes qui doivent t'alerter

Les premiers signes apparaissent en général dans les 2 heures après le contact. Ils sont souvent spectaculaires :

  • ton chien se met brusquement à baver beaucoup, gémit ou semble avoir mal ;
  • il se gratte la face, il vomit ;
  • sa langue ou ses babines gonflent, parfois au point que la langue sort de la bouche ;
  • la langue est rouge, puis peut devenir noire en 24 à 48 heures, avec des ulcères ;
  • il a du mal à manger ou à boire, il est abattu ;
  • yeux rouges et douloureux (conjonctivite, atteinte de la cornée) ;
  • plus rarement, une difficulté à respirer, voire un état de choc : le pronostic vital est alors engagé.

Si ces signes apparaissent pendant ou après une balade près de pins ou de chênes à la bonne saison, pense tout de suite aux processionnaires.

Que faire tout de suite ?

C'est une véritable urgence vétérinaire. Selon l'ANSES, la nécrose de la langue peut être évitée ou limitée par une prise en charge médicale très rapide, et son rapport de 2023 cite une étude qui suggère de consulter moins de deux heures après le contact. En attendant, voici les gestes recommandés par l'Observatoire des chenilles processionnaires (page rédigée avec les vétérinaires de l'AFVAC) et les centres antipoison vétérinaires :

  1. Éloigne ton chien de la zone et ne touche pas les chenilles à mains nues.
  2. Mets des gants avant de toucher sa bouche : tu risques toi aussi des réactions parfois graves. Protège aussi tes yeux, et méfie-toi : un chien qui a très mal peut mordre, même s'il est d'ordinaire très doux.
  3. Rince abondamment sa bouche à l'eau froide, en comptant 10 à 15 minutes de rinçage. En cas de contact avec les yeux, un lavage prolongé à l'eau est recommandé.
  4. Appelle un vétérinaire le plus vite possible, sans attendre que ça passe.

Ce qu'il ne faut pas faire : ne frotte pas la langue ni la peau. Frotter casse les poils urticants et libère davantage de venin, ce qui aggrave l'état de ton chien. Évite aussi qu'il se gratte la face, et ne t'improvise pas soignant : c'est le vétérinaire qui traitera l'inflammation, la douleur et les infections, avec une hospitalisation si nécessaire.

Le conseil de Coco : avant chaque départ en vacances entre janvier et mai, mon humain note dans son téléphone le numéro du vétérinaire de garde le plus proche de notre location. Si un jour je bave d'un coup sous les pins, il ne perdra pas une minute à chercher.

Les numéros utiles

  • Ton vétérinaire ou le vétérinaire de garde : retrouve les cliniques et les urgences vétérinaires de chaque département sur notre page vétérinaires et urgences pour chien.
  • CNITV (centre antipoison vétérinaire, VetAgro Sup, Lyon) : 04 78 87 10 40, 7 j/7 de 8 h 30 à minuit.
  • CAPAE-Ouest (centre antipoison animal, Oniris, Nantes) : 02 40 68 77 40, de 8 h 30 à minuit.

Les centres antipoison conseillent par téléphone, mais ils ne remplacent pas une consultation : si ton chien a des signes, file chez le vétérinaire.

Prévenir en balade

  • Évite de te promener sous les pins de janvier à mai et sous les chênes d'avril à juillet, comme le recommandent les autorités sanitaires.
  • Repère les nids blancs en levant les yeux, et reste à distance des arbres porteurs de nids.
  • Dans ces zones, garde ton chien près de toi et empêche-le de renifler les files de chenilles ou un nid tombé au sol.
  • Sois aussi vigilant en ville : les cas chez le chien surviennent surtout en milieu urbain ou périurbain, où les pins d'ornement sont fréquents.
  • Pour choisir un itinéraire, consulte nos balades avec son chien et privilégie, à la saison des processions, les parcours sans pinède.

Une chenille qui remonte vers le nord

Longtemps cantonnée au sud de la France, la processionnaire du pin gagne du terrain vers le nord et l'ouest depuis les années 1960, portée par des hivers plus doux. Selon l'Observatoire des forêts françaises, son front passait entre Saint-Malo, Fontainebleau et Auxerre en 2005-2006, puis s'est étendu à la région parisienne et progresse vers le nord-est (Aube, Côte-d'Or). Des foyers installés par introduction accidentelle existent même plus au nord, par exemple à Obernai (Bas-Rhin) et à Chamouille (Aisne). L'INRAE souligne que cette progression reste plus lente que le réchauffement, parce que les papillons femelles volent peu loin.

L'ANSES alerte sur un point important : dans les régions nouvellement colonisées, les chiens pourraient être plus exposés, car leurs maîtres connaissent moins ce danger. Si tu vis ou voyages dans le nord, ne pense donc pas être à l'abri.

Le conseil de Coco : même en vacances dans une région « sans chenilles », mon humain lève le nez vers les pins avant de me lâcher. Un nid blanc, et on change de chemin, tout simplement.

Sources

Informations vérifiées sur les sources ci-dessous à la date de mise à jour. Les règles et les tarifs évoluent : vérifie toujours auprès de l'organisme concerné avant de partir.

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